accueil > Actu'agrifood > Nos actualités > [Article] Webinaire collectif de l’Ecole de l’alimentation #7 : les acteurs de l’éducation à l’alimentation
Comment faire de l’éducation à l’alimentation une réalité dans les écoles, les familles et les territoires ? Pour son 7e webinaire en date du 9 septembre, l’École de l’Alimentation a choisi de donner la parole à celles et ceux qui agissent concrètement auprès des enfants et des professionnels. Agriculteur, association de promotion de l’agriculture, diététicienne, spécialiste de la petite enfance, collectivité… Des expériences différentes, mais un même constat : l’éducation à l’alimentation repose sur la mobilisation de nombreux acteurs et sur des expériences concrètes.
Vincent Busson, de FranceAgriMer, a ouvert le webinaire avec la présentation du programme « Les fruits à l’école ». Cofinancé à 100 % par l’Union européenne, il permet aux établissements scolaires de bénéficier d’une aide pour distribuer des fruits, légumes et produits laitiers aux élèves, de la maternelle au lycée.
Le dispositif ne se limite pas à la distribution. Il vise également à faire découvrir aux élèves les produits, leur origine et les secteurs agricoles et agroalimentaires qui les produisent.
En 2024-2025, plus de 9 000 écoles et environ 1,3 million d’élèves ont bénéficié du programme.
Pour Rémi Dumery, agriculteur en Beauce, l’éducation à l’alimentation passe d’abord par la compréhension de l’agriculture.
Lorsqu’il intervient dans les établissements scolaires, il vient avec une vingtaine de graines. Un support simple qui lui permet d’expliquer aux élèves ce qui pousse dans les champs, pourquoi les cultures sont différentes et surtout à quoi elles servent une fois récoltées.
« On ne produit pas comme ça des cultures sans savoir où elles vont et quelle est leur fonction. »
Cette volonté de rapprocher agriculture et société est également au cœur des actions d’Agriculteurs de Bretagne.
Mathieu Simon a présenté « Ma classe à la ferme », un dispositif développé avec de jeunes agriculteurs pour permettre aux élèves de découvrir concrètement les exploitations. Kits pédagogiques, céréales, podcasts, magazines ou panneaux accompagnent les visites.
En 2025-2026, le dispositif a concerné 36 écoles et près de 1 830 élèves dans les cinq départements bretons.
Tiphaine, diététicienne en Île-de-France, intervient notamment autour de la restauration collective. Elle organise des ateliers de cuisine à partir de produits servis dans les cantines. Les enfants cuisinent, manipulent les aliments et mobilisent leurs cinq sens.
Une façon de travailler sur la découverte alimentaire, notamment avec des produits qu’ils connaissent peu. Elle constate ainsi que les enfants sont plus facilement amenés à goûter lorsqu’ils ont participé à la préparation.
Son témoignage montre aussi l’intérêt de créer des passerelles entre plusieurs approches. Avec les équipes d’animation, elle a par exemple organisé une sortie à la ferme pour des enfants de maternelle. Ils ont pu découvrir les vaches, rencontrer l’éleveur et fabriquer du fromage à partir du lait utilisé pour les yaourts servis dans leur cantine.
Christine Zaleski, spécialiste de la nutrition du jeune enfant et fondatrice de Cubes et Petits pois, défend une approche qui commence dès les premières années de vie.
Son travail porte notamment sur l’éveil sensoriel, la découverte des aliments et l’accompagnement des parents et des professionnels de la petite enfance. Elle intervient auprès des familles, mais aussi dans les crèches et auprès des professionnels afin de leur donner des outils directement utilisables.
Son approche repose sur une idée centrale : transmettre des compétences plutôt que simplement délivrer des conseils. En formant les professionnels de la petite enfance, elle cherche ainsi à créer un relais vers les familles et les enfants.
À Paris, cette volonté de créer des passerelles prend une autre forme avec le projet de Maison du bien manger porté par Sylvie Dauriat, à la Caisse des écoles du 17e arrondissement.
Le projet part d’un constat : de nombreuses actions existent déjà dans les écoles, mais il reste difficile de leur donner une continuité et de faire en sorte que les apprentissages s’inscrivent dans le temps.
La future Maison du bien manger doit donc devenir un lieu ressource pour les enseignants et les élèves. Cuisine pédagogique, ateliers, expositions, jardin, découverte des producteurs ou activités autour des saisons : l’espace permettra de travailler différentes dimensions de l’alimentation dans un même lieu.
À travers ces témoignages, une même idée revient : l’éducation à l’alimentation ne peut pas reposer sur un seul acteur.
L’école joue un rôle central, mais elle n’est pas seule. Les familles, les agriculteurs, les collectivités, la restauration collective, les professionnels de santé et de la petite enfance, les associations ou encore les acteurs de la filière alimentaire peuvent tous contribuer à cette éducation.
L’enjeu est alors de faire dialoguer ces acteurs, ces expériences, et de créer des continuités, pour que l’éducation à l’alimentation ne soit pas une action ponctuelle, mais puisse s’inscrire dans le quotidien des enfants.
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