accueil > Actu'agrifood > Nos actualités > [EDIT] L’édito d’Emmanuel Vasseneix, président de l’Open Agrifood
Notre société, nos modes de consommation, nos habitudes de vies évoluent de façon rapide et parfois étonnantes. Un pays qui n’éduque plus sur les fondamentaux de la vie est un pays qui régresse. Pour autant, apprendre comment choisir des produits de qualité, bien manger, créer de la valeur au service du collectif, c’est le bon sens que nous devons à tout prix conserver.
Il est des évidences qui disparaissent à force d'être sous nos yeux. Manger en est une. Nous mangeons plusieurs fois par jour, depuis notre naissance, et pourtant nous n'avons jamais autant douté de notre alimentation. Que faut-il manger ? À qui faire confiance ? Comment concilier santé, goût, plaisir, pouvoir d'achat, environnement, souveraineté , tradition et innovation/nouveauté ? Derrière chaque repas se cache désormais des questions de société.
Notre relation à l’alimentation n’est pas seulement énergétique en France, c’est aussi un moment de gastronomie, d’échanges, de lien social, de plaisir au service d’une alimentation équilibrée et durable. Pendant longtemps, nous avons appris à cuisiner et nous alimenter au sein de nos familles, de nos territoires, de nos cultures. Cette transmission existe toujours, mais elle ne suffit plus.
Les repères se sont déplacés. Les écrans, les réseaux sociaux, le marketing, les discours contradictoires occupent désormais une place que nous ne pouvons ignorer. Cette responsabilité ne repose d'ailleurs sur aucun acteur pris isolément. Elle est partagée entre les familles, l'école, les associations, les pouvoirs publics… mais aussi les entreprises qui conçoivent, produisent et mettent l'alimentation à la portée de millions de consommateurs.
Aucun acteur n'a vocation à se substituer à l'éducation, ni à en définir le contenu. En revanche, chacun ne peut plus considérer qu'il en est extérieur. L’éducation à l’alimentation a un rôle fondamental à jouer, avec humilité, transparence et responsabilité, pour contribuer à une meilleure compréhension de notre alimentation.
À l'heure où des millions d'élèves reprennent le chemin de l'école, j'aimerais que nous nous posions une question simple : si l'on considère que savoir lire, écrire ou exercer son esprit critique est indispensable, pourquoi l'éducation à l'alimentation resterait-elle à la marge ?
L'éducation à l'alimentation n'est pas un enseignement de plus. Elle est l'une des conditions d'une citoyenneté éclairée, du développement d’un pays ou d’une société. C’est un enjeu de santé publique et tout simplement un point de rencontre et d’accord pour le respect de la diversité alimentaire et du vivant.
Nous devons, nous acteurs de l’alimentation, œuvrer sans concession pour :
- sauvegarder et développer des filières durables garantissant une juste rémunération aux producteurs et un juste prix aux consommateurs ;
- investir dans les outils, dans les Hommes, dans notre pays, dans la recherche et l’innovation pour s’assurer que nous resterons compétitifs face à ceux qui ne respectent pas nos principes, et développer des produits sains, de grande qualité et accessibles à tous dés le plus jeune âge ;
- créer de la valeur dans les entreprises, sur les territoires, la partager pour s’assurer la confiance et l’adhésion de nos collaborateurs, des citoyens, des consommateurs ;
- veiller à notre souveraineté alimentaire en soutenant l’agriculture et en reconnectant les Français à la nature, à leurs terroirs et savoir-faire.
C'est cette conviction qui guide les actions que vous retrouverez dans la newsletter de septembre de l'Ecole de l'alimentation. Et c'est elle aussi qui nourrira les échanges de notre prochain Forum.